Sommaire Maladie d'Alzheimer     Le grenier à texte

Paroles de déments - Parole aux déments images/logoPdf8k.jpg11  pages
Docteur Geneviève Demoures

Article paru dans Gérontologie et Société,  F N de Gérontologie, 2003, n°106, p 111-128
 
Prise en soin du patient Alzheimer en institution, livre écrit sous sa direction
est paru aux éditions Masson, en 2006.  (Note Dr Mias 2009)

« La maladie d'Alzheimer, de par l'existence d'un syndrome aphaso-apraxo-agnosique, est communément définie comme une maladie de la relation, où l'amnésie qui en est à l'origine entrave la communication avec le patient jusqu'à l'enfermer dans la solitude du déni.
On dira alors "qu'il est dans son monde, qu'il ne réalise pas, qu'il ne comprend plus rien, ne reconnaît pas ou dit n'importe quoi".
C'est sans doute aller bien vite à définir une pathologie en termes de pertes (avec tous ces -a- privatifs) et faire l'impasse sur les capacités restantes de la mémoire affective et de la mémoire émotionnelle pour lesquelles la parole garde tout son sens.

La réflexion que je vous livre prend sa source dans ma pratique quotidienne, auprès des patients du service, atteints d'une démence et d'une dépendance sévère.
— Ce que dit le malade, comment et à qui ?
— Ce que lui disent les soignants et comment ils utilisent la parole ?
— Ce qu'on dit de lui et de sa maladie, dans la famille, l'institution et la société.
 Ce que dit le malade, comment et à qui ?

Les malades déments nous parlent, pour peu qu'il existe quelqu'un pour prendre le temps nécessaire à les entendre ; et les éclairs de lucidité qu'on leur prête sont peut être liés à ceux des soignants qui, à un moment donné, se mettent en situation de disponibilité pour les rejoindre et les écouter.
  2. Ce que lui disent les soignants et comment ils utilisent  la parole ?
Dans la rencontre avec le patient dément , comment lui parler, que lui dire et sur quel ton, quels sont les moyens qui peuvent faciliter la relation ? Que perçoit-il de la parole de l'autre ?
— "Mais non, c'est impossible votre père est mort depuis longtemps" le renvoie à la détresse de la solitude et de la souffrance de la séparation.
— "Mais oui, il vous attend au repas, venez le voir" met le soignant mal à l'aise dans ce mensonge et pourra induire colère et violence quand le patient s'apercevra de la vérité.
— "Vous devez avoir envie de me parler de lui" ou "Il comptait beaucoup pour vous ?" ou "Vous y pensez souvent" semble être la meilleure réponse.
  3. Ce qu'on dit de lui et de sa maladie, dans la famille,    l'institution et la société.
Comment parle-t-on de ces patients ? Que dit on d'eux en famille et dans l'entourage, au sein des services et des établissements d'hébergement ?
Septembre 2003
Dr Geneviève Demoures
 

Sommaire Maladie d'Alzheimer     Le grenier à texte